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Le Cercle Martin Buber et Jcall Suisse relaient l’appel de Save Israël Stop the Occupation (SISO) à l’occasion du Seder de Pessah

La cérémonie a eu lieu à Genève le 12 avril dernier en présence de Madame Ruth Dreifuss, ancienne présidente de la Confédération suisse et a été dirigée par le rabbin François Garaï, responsable de la communauté juive libérale de Genève. Une soixantaine de convives ont participé à la cérémonie et fait la lecture solennelle de la Haggadah du jubilé de SISO traduite et éditée en français.

En réponse à l’appel du mouvement SISO et de son co-fondateur Daniel Bar-Tal, Professeur émérite de psychologie à l’Université de Tel-Aviv, le Cercle Martin Buber et JCall Suisse ont eu le plaisir d’organiser un Seder pour la paix et contre l’occupation.
 
Le Cercle Martin Buber et JCALL Suisse ont oeuvré ensemble à la traduction et à l’édition d’une version en français de la Haggadah du jubilé de SISO.
Dans celle-ci, des rabbins progressistes, penseurs et écrivains, israéliens comme de l’ensemble du monde juif, y apportent réflexions, commentaires et appels à la raison en lien avec l’occupation de la Palestine par Israël depuis 1967, ce en vis-à-vis des étapes de de la libération de l’esclavage d’Égypte de la Haggadah traditionnelle.
La Haggadah du jubilé de SISO 
inclut notamment une magnifique reprise en français de la chanson  “Khad Ghadya” en lien avec les questionnements de notre temps. Elle a été jointe dans l’édition du 9 avril du quotidien israélien Haaretz grâce à la généreuse initiative du New Israël Fund.  
L’appel de SISO a été suivi dans de nombreuses communautés juives du monde entier.
Vous pouvez télécharger ici la version française de

notre Haggadah SISO pour la paix 


PRISE DE POSITION DU CERCLE MARTIN BUBER PAR RAPPORT A L’OPERATION “BORDURE PROTECTRICE”.

L’opération “Bordure protectrice”, troisième intervention militaire israélienne d’envergure depuis six ans dans l’enclave palestinienne de Gaza, occupe le devant de la scène depuis plusieurs semaines.

Les attaques israéliennes ont été particulièrement meutrières. A ce jour, elles ont fait plus de 1900 victimes côté palestinien, y compris 450 enfants; elles ont également occasionné le déplacement forcé de pas moins de 25% de la population de Gaza. Du côté israélien, on a pu compter 67 victimes, dont 3 civils.

Le Cercle Martin Buber réprouve très fortement l’opération ‘Bordure protectrice’ qui n’est que la répétition d’interventions militaires aussi vaines que dévastatrices et est le résultat du manque de vision politique du gouvernement israélien.
Certes, il est difficile de contester que les Israéliens ont face à eux un groupe armé sans scrupules dont les méthodes et l’idéologie ne peuvent susciter que mépris et désapprobation. De même, des centaines de roquettes du Hamas ont été interceptées par le biais du système de défense « Dôme de fer », sans lequel les victimes israéliennes auraient été beaucoup plus nombreuses. Ainsi la population israélienne, si elle n’a pas eu à subir autant de pertes humaines, vit dans un état d’angoisse.

Dans ce contexte, le droit des Israéliens à se défendre ne peut, a priori, pas leur être contesté.  Les méthodes utilisées par Tsahal sont cependant hautement condamnables. Il apparaît bien difficile, pour ne prendre qu’un seul exemple, d’approuver une stratégie comme celle du « Knock on the roof », par le biais de laquelle les habitants de Gaza ont 80 secondes pour quitter leur maison avant que celle-ci ne soit bombardée. En tant que cible de bombardements incessants de l’aviation et de la marine israélienne, une population rendue déjà totalement exsangue par le blocus ne pouvait rêver de constituer meilleur corridor humanitaire…

Avraham Burg, ancien président de l’Agence juive et l’un des critiques les plus informés et lucides faisait remarquer : « Par le passé, nous avions au moins un processus politique, qui permettait de contenir les éruptions de violence. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Nos dirigeants ont fait échouer les négociations, et cela a créé un vide dans lequel les extrémistes s’engouffrent».  Force est pourtant de réaffirmer, une nouvelle fois, qu’aucun espoir de paix ne pourra se concrétiser sans la reprise du dialogue politique. Pour aboutir, tout dialogue politique doit, de plus, être accompagné de trois prémisses fondamentales : la fin de l’occupation militaire, le retrait des territoires occupés à l’issue de la guerre israélo-arabe de 1967 et la reconnaissance pleine et entière de l’auto-détermination nationale palestinienne.

Le Cercle Martin Buber souhaite exprimer toute sa solidarité envers les souffrances endurées par le peuple palestinien.

Il souhaite également exprimer sa solidarité envers la dizaine de milliers de personnes qui, bravant les roquettes, se sont réunies tous les samedis sur la place Rabin de Tel Aviv pour exprimer leur profond désaccord envers les opérations militaires et exiger la fin des violences en cours. Ce d’autant qu’une inquiétante chasse aux opposants dans l’espace publique et sur le web, parfois soutenue par des membres clés du gouvernement est venue sérieusement menacer l’ouverture et le pluralisme qui ont toujours été des qualités majeures de la vie politique en Israël.

Nous considérons que les manifestations dans l’opinion publique en faveur des Palestiniens sont légitimes, mais un tel militantisme doit s’accompagner de capacités réflexives. Le conflit israélo-palestinien est certainement l’un des plus grand catalyseur d’émotions et de préoccupations collectives de nos sociétés.  L’horreur et l’effroi suscités par le sort terrible des civils à Gaza ne doit, par ailleurs, en aucun cas empêcher d’envisager la réalité d’autres tragédies contemporaines, à commencer par le massacre orchestré depuis plus de trois ans par le régime baassiste de Bachar el-Assad.

D’autre part, la critique d’Israël est régulièrement discréditée par des groupes peu recommandables moins préoccupés par le rétablissement des injustices commises au Moyen-Orient  que par le souci de diffuser leur message de haine et d’attiser les crispations communautaires. Ces acteurs favorisent sans nul doute une atmosphère de banalisation de l’antisémitisme. Les graves débordements que l’on a pu constater en Allemagne et en France prouvent notamment le danger très réel de ces dérives.

Cela dit, la réalité de ces phénomènes ne peut, en aucun cas, être une raison suffisante pour empêcher, ou tenter de disqualifier, la critique de la politique du gouvernement israélien actuel.

Alors qu’un cessez-le-feu ô combien précaire a été annoncé ces derniers jours, nous appelons à la fin immédiate des violences et réaffirmons notre engagement plein et entier pour la paix ainsi qu’une solution juste et durable au conflit israélo-palestinien.

Emmanuel Deonna & Ilan Lew,
Co-présidents du Cercle Martin Buber

Fait à Genève, le 9 août 2014.

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